Il y a de ces matins là où je voudrais rester au lit avec le coeur léger. Mon chat me réveille à exactement huit heures du matin, on dirait qu’elle sait lire l’heure celle-là. Elle miaule, elle me «chicane» parce que je ne suis pas levée à l’heure habituelle, si elle comprend l’heure, elle a de la misère avec les jours de la semaine. Voyant que je ne me lève pas de mon lit, elle ronronne; elle va pouvoir avoir des câlins et de la chaleur toute la matinée. Et elle s’endort, collée à ma jambe, tout en ronronnant et en ne se souciant pas de la vie. J’aime ces matins là.

Je me sens triste. Incomprise par moi-même. Je veux pleurer. Mais le nombre de raisons pour pleurer a été épuisé, je crois. Je ressens toujours cette rage au ventre qui me donne le goût de vomir… Et de sauter en bas d’un pont de la même façon. J’ai cette affreuse anxiété prise en moi, j’ai peur qu’elle ne déménage jamais de mon corps. Et qu’elle me détruise peu à peu. Tout comme mon estime de soi qui est largement au dessous du nombre zéro. La peur de l’avenir est bien sûr toujours présente, comme celle de voir les maladies se multiplier. Je veux pleurer. C’est tout.

Encore un jour à me dire que demain ça ira mieux. Encore un jour à me mentir. Je suis prise dans un cercle vicieux qui ne finit plus de tourner et tourner. Jusqu’à combien d’absence vais-je me dire ça suffit, relèves-toi ! Je veux ce moment. Je veux un peu de vie, de force en moi. Je veux arrêter de dire que rien ne me dérange alors qu’au contraire chaque petit détail me gruge le coeur. Mon aura est gris. Terne. Trop neutre à mon goût. Je veux revivre. À nouveau.

Et puis un jour tout allait mal. La pluie tombait plus souvent. Les cris m’étaient plus souvent destinés. Les aller-retour à l’hôpital étaient plus fréquents. La motivation était de moins en moins fréquente. J’ai réaliser de plus en plus de détails. Et j’ai pleuré de plus en plus. Deux deuils m’ont surpris. Deux deuils m’ont achevés. Et je suis toujours debout, moins forte et moins courageuse qu’autrefois. Avec des défis plus extrêmes. Je suis sur mes deux pieds. J’attend l’ouragan ou un miracle. Depuis bientôt 12 malheureux mois. Mais je respire, c’est ça le plus important. Je crois.